Road-trip au Monténégro


Rappelons avant toute chose que comme tout récit personnel cela relate une expérience singulière et l’interprétation de cette expérience. Ces propos n’engagent que moi.

Parc national de Biogradska Gora

Bon, soyons honnêtes de suite, ce n’a pas été le meilleur voyage de notre vie, et ce pour plusieurs raisons. Pour autant, le Monténégro est un pays qui a de belles richesses à offrir à qui sait sortir des itinéraires touristiques et … conduire sur des routes, comment dire ? Étroites, serait un terme plutôt approprié !

En août 2023, nous avons passé deux semaines dans ce petit pays des Balkans. Réputé jusqu’à lors pour être encore épargné par le tourisme, là a été notre première (grosse) déception (surtout dans le Sud du pays).

C’est un pays qui a connu depuis ces quelques dernières années une croissance touristique folle et ça se voit … beaucoup. Évidemment, d’un point de vue économique, c’est une aubaine, mais (trop) souvent au détriment des espaces naturels, lourdement modifiés et impactés par toutes les sortes d’infrastructures touristiques. Et de se voir participer à cette destruction a été pour nous assez inconfortable. Cela a d’ailleurs beaucoup remis sur le tapis nos questionnements sur nos manières de voyager et d’impacter ainsi le Monde, mais … Cela est encore une autre histoire.

Pour autant au Monténégro la nature est omniprésente, belle et d’autant plus lorsqu’elle est préservée (particulièrement au Nord du pays).

Nous avons consacré notre première semaine à découvrir le sud du pays : la capitale Podgorica, le lac Skadar, Cetinje et le parc national du Lovcen et les (beaucoup) (trop) fameuses Bouches de Kotor.

Rives du lac Skadar

Podgorica est une capitale pour laquelle nous n’avons pas trouvé grand intérêt, peut-être n’avons-nous pas su trouver les coins sympas, où avons-nous loupé son charme. La chaleur écrasante nous a conduit à un chouette petit café, le Knjižara Karver, sous un pont, en bord de rivière, où nous avons créché une bonne partie de notre temps !


Le lac Skadar est d’une vraie beauté. Les monts qui l’entourent et qui se jettent dans ses eaux claires ravissent à coups sûrs nos yeux.  Nous sommes évidemment passées par le traditionnel point de vue du méandre de la rivière Rijeka Crnojevica, nous avons vogué à bord d’un canoë entre les nénuphars et nous nous sommes baignées nues au bord de ses criques sauvages.

Mais ce haut lieu de beauté n’échappe pas à la sur-exploitation touristique avec son nombre incalculable de tours opérateurs qui alpaguent le touriste pour diverses sortes d’excursions. Bien sûr nous faisions parties des touristes ; d’où les questionnements. D’autant plus que cette sur-exploitation détruit à petit feu la faune et la flore de cet écrin naturel.

Nénuphars sur le lac Skadar

Pour rejoindre le parc du Lovcen nous sommes passées par la côte. Et oh … Heureusement nous n’y avons fait que passer. Nous le savions et c’est pour cela que nous n’y avions pas prévu de stop ; mais la réalité a dépassé ce que nous avions imaginé. Les barres d’hôtels sont construites en détruisant la montagne, les plages sont surpeuplées (et c’est peu de le dire), le charmant village historique de Budva, aujourd’hui village-musée, ne rattrape pas le tir. Bref, rien ne nous a plu et nous avons fuis cet endroit le plus rapidement possible.


Le parc du Lovcen est plus sauvage et agréable pour la randonnée. Nous y avons visité le mausolée de Njegos ; fait une randonnée et déambulé dans la charmante Cetinje. Le camping dans lequel nous logions avait une vue à couper le souffle depuis sa terrasse !

Le mausolée de Njegos & son impressionnante vue à 360°
Incroyable vue depuis la terrasse de notre camping Oaza Lipa

Pour terminer notre découverte du Sud du pays, nous voilà arrivées (non sans heures coincées dans les bouchons) aux Bouches de Kotor. La chaleur y était écrasante, et cela n’a sans doute pas aidé notre expérience, mais là encore nous avons été déçues. L’endroit est beau, les villages qui longent le lac sont extrêmement charmants, mais le monde est rebutant. Les immeubles-paquebots déversent leur flot de touristes à Kotor, et la jolie ville en pierre est devenue une ville musée faite de restaurants, de boutiques de souvenirs et de marchand de glaces.

Et nous ferons le même constat pour tous les villages que nous visiterons autour des bouches ; aussi charmants soient-ils, la rencontre a du mal à s’opérer. Ne parlons pas de trouver une place sur une plage, c’est mission impossible, à part quand l’orage gronde …

Les fameux immeubles flottants dans la baie

Le sud nous a déçues, mais nous a surtout amené à réfléchir sur notre manière de penser nos voyages. Cela ouvre la voie à des questionnements plus larges sur la responsabilité de chacun en tant que touriste. Avoir de l’argent pour voyager nous donne-t-il tous les droits ? Comment octroyer un droit à la nature ? Quel pays laissons-nous aux habitants des contrées que nous traversons ? Comment critiquer cette masse et à la fois en faire partie ? Ces questionnements restent ouverts.


La découverte du Nord du pays lors de notre deuxième semaine nous a, en revanche, enchantées. Le Nord est plus sauvage, les paysages y sont grandioses et nous avons rencontré de charmant.e.s habitant.e.s. Nous avons multiplié les randonnées et les baignades (quelque peu fraiches parfois) en pleine nature, dans les deux parcs nationaux que nous avons parcourus : le parc national du Durmitor et le parc national de Biogradska Gora.

Incroyable rivière Tara aux eaux translucides mais glaciales !

Nous retenons notamment un précieux souvenir de deux nuits passées dans une « katun », comprendre « petit chalet » en plein milieu Parc National de Biogradska, chez Danka et sa grand-mère qui tiennent une petite ferme d’alpage. Les deux soirées que nous y avons passées ont été inoubliables !


Nos mésavantures au Monténégro se sont aussi illustrées du côté des routes. Bien sûr pour crapahuter ainsi nous avions loué une voiture et malheureusement nous l’avons retourné quelque peu … cabossée, dirons-nous. Il faut savoir que beaucoup des routes au Monténégro sont étroites, voire très étroites. Les croisements sont très difficiles par endroits et les abords à pic. Il n’en fallait pas moins à une as de la conduite comme moi pour bigner comme il se doit la voiture, à deux reprises … Inutile de préciser que l’addition  a été salée et que cela a, forcément, entaché notre expérience de voyage.

Notre vadrouille au Monténégro a été mitigée ; mais rien ne vaut de se faire sa propre idée. Alors partez découvrir ce petit pays des Balkans, en basse saison et à vélo ; votre expérience sera peut-être tout autre !

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